Parcours de migrants : 4e2 et 4e3 rencontrent Natasha
Jeudi 11 décembre, dans le cadre du cours d'histoire/géographie, nous avons reçu la visite de Mme Natasha SAEID. Elle est venue nous raconter son parcours de migrante. Nous avions préparé des questions avant sa venue.
Natasha est arrivée en France en 2013 avec son mari et leur fils de deux ans. Ils ont fui la Syrie car ils étaient des opposants démocrates au régime du dictateur Bachar-al-Assad dès le début de la révolution de 2011. Son mari avait été emprisonné à deux reprises et ils craignaient pour sa vie.
Ils sont donc des réfugiés. Ils ont obtenu d’abord en urgence un visa de 30 jours puis ils ont bénéficié du droit d’asile.
Après un bref séjour à Paris, ils ont vécu d’abord à Reims dans des conditions difficiles. Ils sont arrivés ensuite à Toulouse, où ils se sont installés. Le plus difficile en arrivant est de ne pas parler la langue. Le plus long a été de pouvoir commencer à travailler. Natasha et son mari n’exercent pas les mêmes professions qu’en Syrie.
Natasha a pu suivre une formation qui l’intéressait. Elle travaille dans le domaine de la petite enfance. Grâce à une VAE (validation d’acquis de l’expérience), elle a pu évoluer dans son métier et elle est aujourd’hui auxiliaire puéricultrice dans une crèche à Toulouse. Son mari a pu créer son entreprise dans le bâtiment. La famille SAEID est donc sortie des difficultés
financières du début et peut même s’offrir des vacances.
Cependant, Natasha nous a dit que la Syrie lui manquait, en particulier la ville de Damas. Étant devenu français, son mari a pu partir en visite en Syrie après la chute de Bachar al-Assad,
mais le pays est détruit. Elle aimerait peut-être revenir vivre un jour en Syrie, mais pas avant que ses enfants soient devenus adultes. En effet, la France est leur pays. Leur fille de six ans est née en France et leur fils aîné, qui a 15 ans aujourd’hui, y a grandi, y a suivi toute sa scolarité et n’a pas de souvenir de son pays d’origine.
Mais elle tient à ce que ses enfants apprennent l’arabe et elle leur parle dans sa langue natale à la maison.
En 2024, toute la famille a obtenu la nationalité française par naturalisation.
Ce dont Natasha est la plus fière, c’est d’avoir réussi à surmonter, avec son mari, toutes ces épreuves grâce à sa volonté et sa ténacité.